Le film Les diables, réalisé un an plus tard, avait de nouveau frappé en montrant des scènes de sexe entre nonnes. Plus consensuel, en 1975, Tommy l'opéra-rock des Who, sera un immense succès populaire. En 1980, il changera de genre avec Au-delà du réel (1980).
Charlotte Pudlowski pour le site 20minutes.fr
Un comble de la part du réalisateur qui a toujours joué sur l’outrance – par François Forestier .
Ken Russel est décédé dimanche à Londres. Il avait 84 ans.L’homme était plus intéressant que ses films: à vrai dire, il aurait dû tourner son autobiographie, au lieu de s’intéresser à Isadora Duncan, Richard Strauss, Gaudi ou les Diables de Loudun. Deux scènes de cinéma ont assuré sa célébrité – qui n’avait rien à voir avec son talent, mais avec son goût de la provocation. La première, c’est celle de la lutte entre Alan Bates et Oliver Reed, dans “Love”. En 1969, on n’avait pas l’habitude de voir des hommes nus se livrer à des bagarres qui, ma foi, ressemblaient fort à des actes d’amour – voire de plaisir sensuel.
La seconde, c’est celle du bûcher dans “Les Diables”: Urbain Grandier, joué par Oliver Reed, attaché à un poteau, disparaît peu à peu dans les flammes. Son corps se tord, puis enfle, se carbonise, dans une douleur dont la caméra ne perd pas une miette. C’était en 1971. En deux films, Ken Russell venait de se faire une réputation: celle d’un artiste scandaleux, qui associait l’érotisme à la souffrance, et auquel les amours garçonnières plaisaient. Le cinéaste fut désigné comme un fauve de l’écran. Il avait la tête de l’emploi: crinière blanche, gueule de docker, silhouette de mataf. Il est mort comme il n’a pas vécu:
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