samedi 24 décembre 2011

Joyeux Noël a tous !!!

Toute l'association Travelling se joint à moi pour souhaiter un très joyeux Noël à tous nos lecteurs et contributeurs. Profitez bien de cette période de fêtes !

A bientôt !

vendredi 16 décembre 2011

Vive l'animatronique !

Je suis tombé sur cette vidéo du studio ADI d'effets spéciaux (qui avait été embauché pour les effets du film The Thing 2011 sorte de "prequelle" du chef d'oeuvre de John Carpenter). On peut voir leurs travaux en "dur" pour ce film. De la bonne vieille animatronique comme à la grande époque du cinoche d'horreur que j'affectionne tant.

Hélas pour les spectateurs, et hélas pour le studio, la production décida de remplacer tous ces effets pour des CGI...

la video ici

jeudi 8 décembre 2011

Scénario du court-métrage "SON DERNIER TOUR DE PISTE"

Hello tout le monde,

Aujourd'hui je partage avec vous la première version du scénario "Son dernier tour de piste", un court-métrage réalisé dans le cadre d'un "24 heures pour réaliser un film" avec comme lieu et thème imposés : un complexe sportif et l'activité physique. Je vous mettrais prochainement en ligne le court-métrage qui a été tiré de ce scénario.



SON DERNIER TOUR DE PISTE.................................................
Scénario et réalisation Guillaume Leroy

Avec :
 Crazy Cool Bruno : Léonel Teixeira
Sam Dumas : Vincent Baptiste Simon


1/ PARKING EXT. JOUR.
Une voiture vient se garer sur un grand parking désert. Un homme, habillé comme quelqu’un qui irait au golf (pull fin, chemise, pantalon de ville et chaussures de sport blanches et chapeau) en sort (on ne voit pas son visage) et se dirige vers le coffre qu’il déverrouille.

2/ COFFRE INT/EXT. JOUR.
L’homme ouvre le coffre (le point de vue est depuis l’intérieur). Il s’adresse à quelqu’un dans le coffre, hors champs. Il pointe aussi un pistolet dans cette direction.

CRAZY COOL BRUNO
Je sais ce que tu te demandes, merdeux. C’est ici qu’il va me tuer, ou un peu plus tard. Je t’avoue qu’avec tout ce bordel, j’y ai pas vraiment pensé. Mais sache une chose, je suis un vrai enfoiré, du genre bien salaud, tu vois. La pourriture intégrale, du genre à te faire exploser le crâne et te répandre la cervelle sur le sol. Donc, tu n’as qu’une chose à te demander : « je me sens en forme ou pas » ? Ben ouais, t’aurais dû t’en inquiéter avant de t’envoyer ma régulière, tu vois.
J’pourrais t’envoyer une bastos maintenant en travers de la face et être quand même à l’heure pour me faire un putain de golf, tu vois. Ouais, j’pourrais. Ou alors je pourrais passer mon samedi à faire un autre truc. On pourrait s’amuser tous les deux. Ça te tente, merdeux ?

INSERT : Un homme est ligoté et bâillonné dans le coffre. Il marmonne quelque chose.
Retour sur l’homme debout :
 

CRAZY COOL BRUNO (continuant)
Parce que je ne suis pas la moitié d’un con, j’ai eu une idée de jeu, tu vois. Une idée simple. J’adore le sport, tu le sais ça, hein, puisque que tu t’envoies ma putain de femme qui est une putain de sportive. Bref, j’aime le sport. J’aime le sport et je te propose de défendre ta putain de vie misérable en acceptant pour moi un petit défi sportif. Tu te sens en veine, punk ? Tu t’en sens capable ? Sinon dis-le tout de suite, je te colle une balle dans ta petite tête et j’ai encore le temps d’être à l’heure pour le golf. Alors tu tentes ta chance ? Hein ? Tu la tente ou pas ?

3/ PISTE DE COURSE EXT. JOUR.

Ils arrivent sur la piste de course d’un stade. L’homme prisonnier est détaché et on a retiré son bâillon. L’autre le tient en joue.

CRAZY COOL BRUNO
C’est très simple. Tu vois la piste ? Tu fais 20 tours en 20 minutes et tu peux te tirer. 20 putains de tours, 20 putains de minutes.  Sans déconner, je ne suis pas un type compréhensif, bordel ? Je veux dire, tu t’envoies ma bourgeoise et je te laisse encore une chance de t’en sortir. Putain, je devrais baisser mon froc tout de suite, ça serait plus clair !
Mais non, j’ai l’esprit de compétition, tu vois. Un peu d’inventivité n’a jamais tué personne, enfin j’veux dire, heu… bref. Je t’offre une putain de rédemption, quoi.

Le prisonnier regarde la piste, essayant d’évaluer ses chances. Elles semblent minces.

CRAZY COOL BRUNO (soudain plus calme)
Hum. Si tu t’en sors, il va de soit que tu ne revois plus jamais l’autre salope. Ça me semble correct ?

Le prisonnier hoche la tête.

CRAZY COOL BRUNO
Ok. Non parce que, hein, tu vois. Tu m’as compris, hein.

Le prisonnier hoche à nouveau la tête.

CRAZY COOL BRUNO
Alors, macaque. Tu relèves le défi ?

Le prisonnier soupire et hoche une dernière fois la tête.

CRAZY COOL BRUNO
Bordel, t’a raison. Place-toi sur la putain de ligne d’arrivée.

Le prisonnier s’exécute.

CRAZY COOL BRUNO
Choisi un couloir. Si après, tu sors du couloir. T’es mort. Tu t’arrêtes une seule fois. T’es mort. Tu cries une seule fois. T’es mort. Tu me fais chier. T’es mort. Pigé ???
Et bien sûr, il va de sois que si tu essaies de te tirer. C’est elle qui est morte. C’est de bonne guerre.
Bon. On va y aller.

L’homme regarde sa montre.

CRAZY COOL BRUNO
Bon, à mon top. J’ai pas de putain de chronomètre alors faut attendre que la petite aiguille soit… quoi ça te fait marrer, connard ? Cette montre coût plus cher que les passes que faisaient ta mère, alors ta gueule.
Quand je dis « feu ! » tu y vas.

Commence alors l’attente de la trotteuse.
Le prisonnier se prépare.
Le temps s’écoule lentement.
L’homme fixe sa montre.
La trotteuse y est presque.

CRAZY COOL BRUNO
A… tention…. FEU !

Les plans défilent maintenant au ralenti.

Le prisonnier s’élance mais en direction de l’homme. Il saisit le pistolet. L’homme, étonné, n’a pas le temps de se défendre.

On repasse en vitesse normale.

SAM DUMAS
Bon. 20 tours. 20 minutes. Si tu y arrives, après tout on a le droit d’y croire, bref si tu y arrives, je disparais avec Estelle et je te laisse la vie sauve.

CRAZY COOL BRUNO
Heu, on peut être… Je veux dire, peut-être qu’un chèque, pour vous aider à démarrer, hé hé, les temps sont durs. Hein ?

SAM DUMAS
La ferme. Et cours !

PLAN DE GRAND ENSEMBLE :

Crazy Cool Bruno commence à courir, sous la menace de son ex-prisonnier.

CUT.

FIN

jeudi 1 décembre 2011

STRAWBERRY AND McFARLANE un film de l'association TRAVELLING

J'ai le plaisir de partager avec vous la bande annonce de mon nouveau court-métrage, un western, réalisé dans le cadre de l'association TRAVELLING. Merci et bravo à tous les participants. Certaines séquences restent à tourner pour une sortie du film en juin 2012 sur le dvd de l'association.



http://vimeo.com/32955613


lundi 28 novembre 2011

Disparition du réalisateur Ken Russell

C’est son fils Alex qui l’a annoncé ce lundi: le réalisateur Ken Russel est mort dimanche, à l’âge de 84 ans. Ce britannique, qui avait commencé sa carrière à la télévision l’avait achevée au cinéma. Notamment après une nomination pour l’Oscar du meilleur réalisateur en 1970, pour le film Love. Adaptation de Women in Love, roman de D.H. Lawrence, (auteur de L'Amant de lady Chatterley), Love avait choqué en montrant à l’écran un pénis. Mais le film avait surtout séduit, et l'actrice Glenda Jackson avait reçu l'Oscar de la meilleure actrice.
Le film Les diables, réalisé un an plus tard, avait de nouveau frappé en montrant des scènes de sexe entre nonnes. Plus consensuel, en 1975, Tommy l'opéra-rock des Who, sera un immense succès populaire. En 1980, il changera de genre avec Au-delà du réel (1980).
Charlotte Pudlowski pour le site  20minutes.fr
 
Un comble de la part du réalisateur qui a toujours joué sur l’outrance – par François Forestier .
Ken Russel est décédé dimanche à Londres. Il avait 84 ans.
L’homme était plus intéressant que ses films: à vrai dire, il aurait dû tourner son autobiographie, au lieu de s’intéresser à Isadora Duncan, Richard Strauss, Gaudi ou les Diables de Loudun. Deux scènes de cinéma ont assuré sa célébrité – qui n’avait rien à voir avec son talent, mais avec son goût de la provocation. La première, c’est celle de la lutte entre Alan Bates et Oliver Reed, dans “Love”. En 1969, on n’avait pas l’habitude de voir des hommes nus se livrer à des bagarres qui, ma foi, ressemblaient fort à des actes d’amour – voire de plaisir sensuel.
La seconde, c’est celle du bûcher dans “Les Diables”: Urbain Grandier, joué par Oliver Reed, attaché à un poteau, disparaît peu à peu dans les flammes. Son corps se tord, puis enfle, se carbonise, dans une douleur dont la caméra ne perd pas une miette. C’était en 1971. En deux films, Ken Russell venait de se faire une réputation: celle d’un artiste scandaleux, qui associait l’érotisme à la souffrance, et auquel les amours garçonnières plaisaient. Le cinéaste fut désigné comme un fauve de l’écran. Il avait la tête de l’emploi: crinière blanche, gueule de docker, silhouette de mataf. Il est mort comme il n’a pas vécu: 
pour lire la suite :
 



dimanche 6 novembre 2011

Appel à films : Amateur, Jeune Création et Regard Semi Professionnel.

Jusqu'au 15 novembre 2011
http://imagein.pagesperso-orange.fr/

32e IMAGES IN CABESTANY
L'association Image'In et la Ville de Cabestany vous invitent à participer aux 32èmes Rencontres de Court Métrage "Images In Cabestany" qui se dérouleront du jeudi 1er au dimanche 4 mars 2012 dans le cinéma André Abet du Centre Culturel Jean Ferrat de Cabestany.
Ce rendez-vous international du court métrage accepte les fictions, documentaires, reportages, animations, expérimental, clips, etc. ... de moins de 30 minutes.
Le public ainsi qu'un Jury, composé de personnalités du cinéma et de l'audiovisuel, remettront des prix (+ de 4000 euros) aux trois catégories en compétitions: Amateur, Jeune Création et Regard Semi Professionnel.
Si vous souhaitez présenter l'une de vos créations, le formulaire d'inscription et le règlement sont disponibles sur le site
Nous espérons vous retrouver pour cette 32ème fête annuelle de l'image où public, qualité et convivialité sont toujours au rendez-vous!
A très bientôt,
L'équipe Images In Cabestany.

Appel à films PEZENAS 2012

PEZENAS : RENCONTRE CINEMATOGRAPHIQUE

http://www.lafccm.org/Rencontre/index.php/appel-a-projets.html

La 50e Rencontre cinématographique de Pézenas se tiendra du 10 au 16 février 2012

Chaque année la Rencontre cinématographique de Pézenas propose un Après-midi du court métrage.

Dans ce cadre, un appel à candidatures est lancé à destination des réalisateurs souhaitant faire découvrir leurs films au public de la Rencontre. Il ne s'agit pas d'une compétition, aucun prix n'est décerné, mais ce volet de la programmation permet à la fois aux spectateurs de découvrir des films qui trouvent d'ordinaire peu de place sur grand écran et à des réalisateurs de faire connaître leurs créations.

Si vous souhaitez inscrire votre film à la Rencontre cinématographique de Pézenas, merci de remplir et de retourner le formulaire accompagné d'un de visionnage, par courrier à l'adresse indiquée.

Date limite pour la 50e Rencontre: jeudi 10 novembre 2011.

http://www.lafccm.org/Rencontre/index.php/appel-a-projets.html

dimanche 30 octobre 2011

Je prie, Tu prie, Il prie... Nous tuons


" Des Hommes et des Dieux ".

Tirée de faits historiques, l'histoire raconte la vie de moines de Tibhirrine dans un monastère d'Algérie vivant en totale liberté et respect avec leur frères musulmans du village voisin. Jusqu'au jour où ils sont confrontés à un sujet bien d'actualité encore aujourd'hui "l'extrémisme".

Malgré mon intérêt particulier pour tout ce qui peut toucher à une religion, malgré mon amour pour les films plus ou moins lents qui révèlent par moments des petites perles visuelles, bizarrement je n'étais pas très emballé pour regarder ce film.
Ma curiosité a été la plus forte.

Il faut un temps certain ou un certain temps pour rentrer dans le film. Environ une demie heure (et c'est long!!) La faute n'en est pas en faite. Je m'explique. Certes on pose l'histoire, on apprend à connaître tous les protagonistes, mais mon Dieu que c'est long, peu causant, et finalement calqué sur la vie d'un moine: prière, dévotion, silence.... mais faut résister pour pas éteindre la télé...grrrrr!!!!!!

Passé la demie heure fatidique, l'histoire commence à se dévoiler à nous. On se prend très vite de compassion pour ces moines qui essayent avec le moyen le plus simple de l'espèce humaine, la paix pour tous, de combattre la notion d'extrémisme.
Ils sont pris entre deux sentiments " vivre au nom de Dieu ou Mourir pour Dieu". Et tout le message de ce film est finalement dans la vie de ces moines: " comment faire pour respecter ces convictions sans les trahir".

D'un niveau esthétique il déchire tout si je puis dire. On retrouve des passages neigeux avec le monastère bluffant de beauté naturelle. De jolis mise en scène des moments de prières et de surprenants moments de solitude complet qui rythment doucement mais sûrement l'histoire.
Je ferais une petite parenthèse sur un moment particulièrement beau où je suis resté sans voix. Lorsque qu'un moine met une musique classique pour simplement profiter du regard ému de ces frères.... Tout simplement magique.

Sans trop continuer à philosopher de peur de dégoûter mes lecteurs, j'appréhendais beaucoup ce film, de peur de voir encore "une soupe à deux balles". Le début m'a donné raison, la fin m'a donné tort.
Oui j'ai aimé mais que ce fut long de l'aimer finalement.



lundi 24 octobre 2011

Je suis l'homme qui t'a brisé, Batman. Je suis Bane! (The Dark Knight Rises // Christopher Nolan, 2012)


Suite très attendue de l'excellent The Dark Knight, le troisième volet consacré au Caped Crusader de Gotham sortira en 2012.
J'attends ce film avec impatience, j'ai beaucoup aimé les précédentes adaptations (Batman Begins et TDK), je pense que Christopher Nolan a choisi le bon angle pour adapter le comic-book au cinéma: creuser une veine réaliste, âpre, dans la mouvance des thrillers des années 70, surtout pour TDK. Grand amateur de Batman depuis l'enfance, j'ai enfin trouvé sur grand écran la transposition que j'espérais.

Alors qu'attendre de ce troisième volet ? Peu de choses ont filtré, si ce n'est que l'ennemi de Bruce Wayne sera l'excellent Bane incarné par le non moins excellent Tom Hardy. Oubliez la brute ridicule présentée dans Batman et Robin, Bane est avant tout un survivant, un stratège très intelligent et un combattant né. Une sorte de Batman inversé en fait (il sont tout les deux orphelins et ont connu une tragédie durant la petite enfance). Si le film a la bonne idée de reprendre la saga "Knightfall" du comic-book (ce que tous les fans espèrent), nous risquons de recevoir une claque bien violente. Réponse dans quelques mois.

vendredi 14 octobre 2011

RESTLESS

RESTLESS : Chronique à la sortie de la salle.

Le mercredi 12 octobre 2011 Antoine Royer et William Etiève sortent de la projection du film "Restless" (Gus Van Sant – 2011). Ce mélodrame fait l'objet d'une chronique sur le site http://formatrespecte.wordpress.com/2011/10/14/restless-gus-van-sant-2011 et d'une diffusion sur les ondes de Radio Balitiq

A Châteauroux, le film est encore visible au cinéma Apollo jusqu'au 18 octobre 2011. (Sans générique ni habillage ou jingle, car diffusé au cours de l'émission du Balistiq K-FE du 13 octobre 2011 - 103 FM).

jeudi 13 octobre 2011

Les aventures de Tintin, une rétrospective des projets (The adventures of Tintin, The secret of the Unicorn // Steven Spielberg - 2011)



A l'occasion de la sortie (très) prochaine (le 26 octobre) de l'adaptation tant attendue de Tintin par Steven Spielberg (dont la première annonce officielle remonte... 1983!), je vous propose de lire un article signé Arnaud Bordas qui revient sur les différentes tentatives de transposition sur grand écran des aventures du petit reporter belge.

Où l'on apprend qu'effectivement Spielberg envisageait bien une adaptation en live au milieu des années 1980 avec Henry Thomas (le petit Eliott dans E.T) dans le rôle de Tintin et Jack Nicholson en Capitaine Haddock. Vous en apprendrez aussi pas mal sur les essais d'adaptations en Europe, avec à la réalisation Jaco Van Dormael ou plus récemment Jean-Pierre Jeunet.

Cliquez sur ce lien pour lire l'article d'Arnaud Bordas


Bonus : Le brocanteur ne vous rappelle-t-il pas un célèbre réalisateur ?





La bande-annonce :







jeudi 6 octobre 2011

mardi 4 octobre 2011

Dawn of the Dead Vs. Zombie (director's cut de George Romero // montage dit "européen" de Dario Argento - 1978)


Il est maintenant de notoriété publique qu'il existe "deux" versions du film de George Romero, Dawn of the Dead, deuxième volet de sa saga dédiée au morts-vivants, intitulé en France Zombie.

Je passe sous silence une version présentée jadis à Cannes dans un montage encore plus long aujourd'hui visible uniquement sur des éditions américaines.

Deux versions d'un même long-métrage donc, l'une dite "Director's cut" version montée par Romero et exploitée sur le territoire américain sous le titre Dawn of the dead, continuant sur la logique temporelle après une Night of the Living Dead. L'autre, connue en Europe en tant que "Zombie" est sorti quant à elle avec un montage assuré par le réalisateur transalpin Dario Argento (qui ne donna pas son nom au village berrichon, Argenton, NDA).

L'explication tient dans le financement du film. Argento apportait des fonds pour la production du film et obtenait du même coup le droit de montage du film pour son exploitation commerciale en Europe où, à l'époque, l'aura du réalisateur était à son zénith. L'ami Dario accoucha d'un montage plus nerveux que la version Romero et systématisa l'utilisation de la musique du groupe Goblins. Personnellement je trouve le montage d'Argento plus effrayant et plus angoissant, terriblement efficace (il m'a terrifié, c'est LE film qui m'a le plus fait peur dans ma vie de cinéphile amateur). Mais si je devais choisir, je ne garderais que la version de Romero, plus humaine (surtout par rapport au personnage de Peter incarné par Ken Foree) et tout simplement parce qu'il est l'auteur du film, du scénario à la réalisation ;)

Voici le lien vers un très intéressant et complet dossier réalisé par Eric Dinkian pour le site Devildead, qui décortique les deux faces d'un même film :

http://www.devildead.com/zombieindex.htm

vendredi 30 septembre 2011

Triste Huis-Clos Iranien

C'est une façon indirect d'évoquer le dernier numéro du Fanzine TRAVELLING-MAG ayant pour sujet le Huis-Clos, mais je viens de découvrir le texte d'une pétition de soutien aux cinéastes iraniens. L'Apollo passe régulièrement des films de ce pays. UNE SEPARATION est un grand succès des mois dernier... le film AU REVOIR passe ces jours-ci et bientôt sortira une sorte d'objet audiovisuel singulier de Jafar Panahi (un des prisonniers les plus emblématique) avec Ceci n'est pas un film

Voici ci-dessous le texte de la pétition :

Manifestons notre soutien aux cinéastes iraniens emprisonnés


Les dernières informations en provenance d’Iran sont très alarmantes, elles concernent la situation des cinq cinéastes iraniens emprisonnés depuis le 18 septembre. Rappelons leurs noms : Mojtaba MIRTAHMASB, Nasser SAFFARIAN, Hadi AFARIDEH, Mohsen SHAHRNAZDAR, Marzieh VAFAMEHR, tous réalisateurs, ainsi que Katayoun SHAHABI, productrice de films.

Les médias gouvernementaux, les délégués du Sénat de Téhéran, le ministre de l’Information, celui de la Police secrète, le ministre de la Culture, le directeur général du ministère de la Culture, trois réalisateurs islamiques proches du régime, douze associations d'étudiants islamiques, le site du gouvernement et les télévisions, ont accusé les 6 réalisateurs arrêtés en les traitant d'espions, annonçant que l'espionnage en Iran était passible de longues peines de prison. Les familles des réalisateurs emprisonnés ont appris qu'elles n'avaient pas le droit de rendre visite à leur proche.

Le gouvernement iranien a également arrêté le caméraman, Touraj ASLANI, alors qu’il se trouvait dans un avion en partance pour la Turquie.

La Maison du Cinéma en Iran avait lancé un appel pour la défense et la libération des cinéastes emprisonnés. Les médias gouvernementaux ont annoncé que la Maison du Cinéma en Iran n'aurait désormais plus de reconnaissance officielle, accusée d’être un parti politique en contact avec l'étranger.

Selon nos informations, le gouvernement iranien a l’intention de museler tous les organismes et artistes indépendants.

Le ministre de l'Information en Iran a demandé aux familles des réalisateurs de s’en tenir au silence, et de ne pas évoquer la situation des cinéastes emprisonnés.

Un grand nombre d'artistes iraniens, en France, en Europe, au Canada et aux Etats-Unis, viennent de créer le Comité de Soutien aux Cinéastes iraniens Emprisonnés.

Le Festival de Cannes, La Cinémathèque française, La SRF, La SACD, France Culture

UNE PURE FORMALITÉ

Le prochain et dernier numéro du fanzine TRAVELLING-MAG aura pour thème "Le Huis-Clos au cinéma". Voici un lien vers un des films évoqués : Une Pure Formalité. Ce film est en 9 parties... je vous laisse à la curiosité...


jeudi 29 septembre 2011

Une vidéo de Malick en plein tournage!

C'est assez rare pour être signalé : voici une vidéo de Terrence Malick en plein tournage durant un festival de musique. Le réalisateur a filmé Christian Bale pendant deux jours et notamment durant un concert d'Arcade Fire. On peut donc voir le cinéaste diriger Bale durant la prise de vue. Pour le moment le projet et le titre du film reste un mystère.

Voici la vidéo:


CB @aclfestival shooting Terrence Malick film par falcounderground

lundi 26 septembre 2011

Le testament de Pasolini

J'ai dans ma DVDthèque, quelques films particuliers, mon côté anticonformiste me fait acheter des films qui ont crée en leur temps la polémique. Parmi ceux-là, aujourd'hui je vais vous parler de SALO OU LES 120 JOURNEES DE SODOME. C'est vrai que déjà par le titre, ça fait un peu choc. Ensuite on s'aperçoit que le film est tiré du roman de Sade et qu'il est réalisé par Pier Paolo Pasolini.


Lorsque ce film sorti en France, le 22 novembre 1975, lors du 1er Festival International de Paris, Pasolini venait d'être assassiné quelques semaines auparavant à l'âge de 53 ans. Il avait été l'un des auteurs les plus importants en Italie, œuvrant dans la littérature (romans, poèmes, essais), dans le théâtre, le scénario (pour Fellini, Bertolucci,...) avant de se faire connaître dans le cinéma grâce à la réalisation avec L'Evangile selon Saint Mathieu, qui a été nommé trois fois aux Oscars en 1964.
C'est avec Théorème qu'il était devenu un artiste agitateur en 1968. Le personnage joué par l'excellent Terence Stamp corrompt, métamorphose et sanctifie toute une famille par la sexualité.


Revenons à Salo... où pour juger cette œuvre, il faut revenir sur l'une des déclarations de Pasolini pour vous décrire le personnage : « En ce qui concerne le sexe, je ne pense pas que les thèmes sexuels soient inférieurs ou supérieurs aux autres thèmes. Quand on va voir un film politique , on n'est pas étiqueté comme quelqu'un-qui-va-voir-des-films-politiques ; mais si on va voir un film érotique on dit : « Ah ! Il va voir un film érotique, il ne s'intéresse qu'au sexe. » On hiérarchise les intérêts : en tête les thèmes religieux, puis les thèmes politiques et, tout en bas, en dernier, le sexe. Une hiérarchie de ce genre c'est raciste et conformiste, d'où que vienne celui qui l'établit. » Pasolini, dans cette déclaration, nous résume le pourquoi du film.

Pour résumé, le texte des « 120 journées... » de Sade a été souvent respecté, mais dans ce film l'action se situe en 1944, dans la République de Salo. Les personnes au pouvoir sont quatre dignitaires fascistes. Des adolescents beaux et sains sont livrés au plaisir de ces hommes qui usent de toutes les possibilités sexuelles y compris la violence et l'humiliation, la torture raffinée et la mort dans la mutilation. Salo... ne pose pas l'acte sexuel comme une forme de libération (comme l'aurai voulu Sade), ici le corps devient un objet du pouvoir totalitaire. Henri Chapier écrivait à propos de Salo... : « En rendant l'acte sexuel obligatoire, en démocratisant l'érotisme jusqu'à l'extrême laideur, la société permissive en a fait une nouvelle prison. »


Salo... pose le problème de l'après-libération sexuelle. Pasolini, nous montre les dérives de la libération sexuelle de 1968. Sur ce sujet, il a été visionnaire, il pensait qu'après la liberté totale viendrait la rigidité totale. Le réalisateur réussi à créer un certain malaise quand on voit ce film, à tel point qu'on culpabilise de s'être laissé embarquer dans cette histoire.

Malgré ce qu'on a pu lire ou dire, ce film n'a jamais été interdit, mais il n'avait que pour salle exclusive « La Pagode », l'honneur des censeurs était sauf, car seuls des intellectuels privilégiés de la Rive Gauche purent se délecter de la dernière œuvre de Pasolini et le bon peuple du reste de la France ne serait ainsi pas contaminé...

Moi, je tiens à vous contaminer par l’œuvre testamentaire de Pasolini car je tiens à votre disposition ce film sur DVD. Avis aux amateurs... avertis.

L'immortel... il ne peut en rester aucun !

Un dimanche soir sur Mauvières c'est toujours un moment délicat sur le choix de film à voir.
Sur ce coup là on était partant sur "IronMan" pour revoir les fameux parallèles que j'avais noté sur Captain America (voir article en dessous).
Seulement la bonne blague, c'est qu'il m'a été impossible de retrouver le film. La vérité c'est que j'ai vendu le DVD pensant avoir le Blue-ray. Au final pas plus de DVD que de Blue-Ray!

Nous nous sommes donc rabattu sur "l'Immortel" un film que le parrain de ma chérie m'avait conseillé d'acheter. Très bon conseil!!!!!!!!!!!!!

Déjà j'adore les histoires vraies. Le scénario du film s'inspire du roman de Franz-Olivier Giesbert L'Immortel. Charly Mattei a tiré, depuis trois ans, un trait sur sa vie de hors la loi. Il mène une vie paisible avec sa femme et ses deux enfants. Pourtant un matin d'hiver il est laissé pour mort dans un parking souterrain de Marseille avec 22 balles dans le corps. Contre toute attente il survit à cette tuerie et de "Charly le fou" il devient "Charly l'immortel".
Son but ultime, se venger, sans éveiller les soupçons de ses proches et de la police , qu'il a reprit une vie de criminel.
Rien que ce petit résumé m'a mis l'eau à la bouche, le film n'a fait que confirmer mon enjouement précoce. Un casting digne de ce nom avec Jean Reno, (j'adore), Jean Pierre Daroussin, (j'adore), et Khad Merrad dans un surprenant rôle de mafieux bègue odieux.
Des moments d'actions surprenants, des décors magnifiques, des cadrages de plans à vous couper le souffle... bref, que des bons éléments pour passer une bonne soirée télé.

Dire que je suis content de ne pas avoir vu IronMan serait quand même un blasphème pour un fan de Marvel comme moi, mais j'aime ces surprises cinématographies non programmées.

A découvrir...

Ps: Jean Reno est le jumeau d'un fameux président que nous connaissons tous bien.


dimanche 25 septembre 2011

Captain, Captain....garde à vous !


Pour tester la nouvelle salle du cinéma du Blanc, neuve depuis peu et reliée au 3D (et oui au blanc il y a du 3D) j'ai emmené ma douce et tendre voir "Captain América, First Avenger". Pour profiter pleinement de cette nouvelle adaptation d'un super héros Marvel, j'ai choisi la version normale à celle de la 3D ( voir les raisons dans l'article de Quatermass cité plus bas). Après avoir pleinement senti le neuf de la salle, apprécier le confort des nouveaux des sièges et l'acoustique du nouveau son, me voilà plongé dans l'univers de Captain América.
Du personnage par lui même je ne savais que peu de chose à l'exception de sa tenue "très couleur drapeau américain". Première surprise dans le générique: " la présence de Tommy Lee Jones". J'adore cet acteur. Deuxième surprise la période traitée "la seconde guerre mondiale", mes films de guerre favoris traitent en majeur partie de cette période ( Un pont trop loin, les canons de navarone, les douze salopards, la grande évasion etc..)


Au fil du déroulement de l'histoire, mes dernières craintes de voir un navet se sont évanouies grâce à un élément qui au premier abord semble insignifiant : " Howard Stark". En quelques secondes j'ai réalisé que c'était le père de Tony Stark (IronMan). Avec un tel parallèle, me voici embarqué dans l'univers de Captain América. Un parallèle qui va perdurer jusqu'à la fin du film...mais je vous le laisse découvrir.
Petit anecdote: le bouclier de Captain América est présent dans IronMan 2 ...plutôt ingénieux comme élément ....
Sortie de la salle , j'en avais pleins les mirettes avec un sentiment de joie d'avoir vu un bon film.
Encore une adaptation réussite. L'achat en Blue Ray devrait devenir une évidence.
Amis du cinéma, allez le voir!



lundi 19 septembre 2011

De l’utilisation du travelling chez Martin Scorsese (Les Nerfs à Vif / CAPE FEAR – 1991)


Hier soir tard, au gré d’un zapping peu convaincu à la recherche d’un programme devant lequel commater une demi- heure avant d’aller rejoindre un sommeil bien mérité, je tombe, par hasard, sur Les Nerfs à vif signé Martin Scorsese. J’oublie aussitôt le prétendu coma pour m’intéresser à la mise en scène de l’exposition du film. Mon épouse dormant dans la pièce à côté, je baisse le son pour ne laisser qu’un mince filet de voix à peine audible. Du coup, je m’attache beaucoup plus à l’observation des choix de montage et de mouvements d’appareils que fait le cinéaste.

Je n’ai pas longtemps à attendre pour voir l’un des fameux travellings avant punchy de Scorsese. J’avais déjà remarqué cela dans ses autres films, notamment dans Alice n’est plus ici et After hours. Dans ce dernier, les travellings avant rapides dirigés vers le personnage principal servaient à démontrer par l’image dans quel tourbillon allait être emporté le protagoniste, la caméra le « chopait » au passage. Comme si, grâce à la caméra, Scorsese parvenait à rendre concret le vent abstrait (soit la frénésie du scénario) qui emporte héros et spectateur pour ne le laisser tranquille et épuisé qu’à la fin du métrage. Alors que dans Alice… le même mouvement d’appareil illustrait quant à lui la force de caractère du personnage d’Ellen Burnstyn, les travelings-punchs venant ponctuer une réplique ou une mimique d’agacement.

Dans Les Nerfs à vif, le plan-signature de Scorsese envahit tout le métrage, et ce, dès le début, venant incarner littéralement la brutalité du personnage de Robert de Niro. Celui-ci est filmé (presque que) de dos durant la séquence où il sort de la prison puis de face une fois qu’il est sorti, qu’il a passé les grilles, libre. Et là, c’est De Niro lui-même, en se dirigeant vers la caméra rapidement, qui annonce les travellings-punch qui vont suivre. Toute la mise en scène est basée sur l’angoisse et la brutalité à partir de là. Le montage sera parfois elliptique via des zooms ou, encore, une fois, des travellings-avant hypers rapides dirigés vers les personnages, comme des coups de poings, des directs au visage comme si Max Cady (De Niro) pouvait imprégner de sa violence jusqu’à la réalisation même du film.

Scorsese n’hésite pas à se servir de la caméra pour illustrer, appuyer, un contexte, une atmosphère sans que cela ne soit jamais redondant par rapport à l’image. La brièveté des plans concernés, leur impact étant presque subliminal pour le spectateur. Au même titre que la musique qui illustre l’action sans paraphraser l’image. On pourrait presque dire que Scorsese fait des images sous forme de musique qui se voit. C’est en cela qu’on pourrait presque parler de compositeur de film plus que de réalisateur.

Bande annonce des Nerfs à vif où vous verrez quelques exemples des fameux travellings.


vendredi 16 septembre 2011

De l'Eau au Livre d'Eli...

Il y a quelques années je réalisais un court métrage parlant de notre bien le plus précieux l’eau et que ce bien devait être préservé bien plus que n’est l’or ou les pierres précieuses.
De là, ma demi surprise quand est sorti le film des frères Hughes (From Hell) en début d’année 2010 : Le Livre d’Eli. Ce film d’anticipation, nous montre l’état de désolation ou se trouve l’Amérique après une guerre violente, qui n’a engendrée que ruines et criminalité.




Avec la fin de la civilisation telle que nous la connaissons, on se retrouve plongé dans une vision du monde post-apocalypse au travers des yeux d’Eli (Denzel Washington) qui parcoure des routes dangereuses où les actes de pirateries sont nombreux. Eli est un voyageur qui cherche à survivre, où chaque geste simple de notre quotidien est montré dans ces moindres détails afin de nous faire comprendre que pour Eli, il est difficile de trouver de la nourriture, de l’eau et recharger son Ipod. Il est vrai que Gary Whitta (le scénariste), avait poussé le bouchon assez loin en faisant un stage de survie pour alimenter son script.

Je m’interroge en revoyant ce film, est-ce possible qu’on arrive un jour à cette extrémité ? L’humanité est-elle assez bête pour se faire imploser ?

En regardant de plus près la situation actuelle : la crise financière, les déficits abyssaux de nos gouvernements, la quasi faillite de la Grèce et la sympathie en hausse pour les identités nationales, me font penser que dans un futur proche une guerre pourrait arrivée.
C’est pour cela regardez ce film ou revoyez le, c’est à vous glacer le dos. Le futur ressemblera plus au scénario de ce film qu’à la probabilité de moins en moins grande que l’on aille un jour sur Mars.

jeudi 15 septembre 2011

La 3D et moi

Aujourd'hui un film ne peut plus sortir (ou difficilement) s'il n'est pas en 3D, et surtout il faut que la mention soit écrite en gros l'affiche. J'exagère un peu mais quand j'écoute certains ou que je parcours des forums sur le web, j'ai parfois l'impression que le procédé 3D est devenu pour certains spectateurs un critère de qualité. Un comble.

Je n'ai vu que très récemment un film en 3D. Peu importe lequel, le plus important pour moi c'est que je n'ai pas du tout aimé l'expérience. Je suis très attaché à la notion de cadre. Pour moi une belle image c'est avant tout un choix de cadrage. John Carpenter disais qu'il ne couvrait presque jamais d'autres angles de prises de vue que celui qu'il avait déterminé avant de filmer la scène. Et bien justement, le procédé 3D dans sa volonté d'immersion, a eu tendance avec moi à perturber ma perception du cadre. J'avais du mal a voir les contours de l'image, ses limites. Parce que un cadre, c'est d'abord un choix, et qui dit cadre, dit limites de celui-ci. C'est un choix déterminé et pensé, conscient. De la même manière qu'un réalisateur déterminera le format de son image : 1.85, 2.40, 1.33, etc... Et bien je suis incapable de vous dire quel était le format du film que j'ai vu. Sans doute cinémascope. Mais je ne l'ai pas perçu, pas ressenti.
La 3D devait m'absorber, elle m'a paradoxalement tenu à l'écart.

De la même façon il est très perturbant de se retrouver dans une projection 3D, le procédé technique lui-même prenant le pas sur l'histoire qui se déroule devant nos yeux. Plutôt que de me concentrer sur ce qui se passait à l'écran,j'étais en train de me dire : tiens, là c'est un effet de profondeur, là, une projection.

La 3D devait me faire entrer dans le film, en réalité elle m'en faisait régulièrement sortir. Et j'étais malheureux de ne plus pourvoir apprécier un beau cadre, à plat. Je me réjouis que certains cinéastes refusent la 3D, comme par exemple Christopher Nolan. J'étais beaucoup plus immergé dans l'image lors des séquences imax de The Dark Knight que lors des scènes 3D de Captain America.

Après que la 3D soit réservée à certains films à grands spectacles ou riches en émotions fortes types films d'horreur, pourquoi pas. Mais cela restera pour moi un gadget.

Je pense que la 3D, pour un amateur de cinoche, risque de coûter les yeux de la tête.

mardi 13 septembre 2011

Elle fut la première (Les dents de la mer / JAWS, Steven Spielberg – 1975)

Pourquoi j’aime le cinéma ? Je ne sais pas. J’aime les films. J’aime en voir, j’aime en discuter. J’aime attendre un film, j’aime me souvenir d’un film. Je devais avoir une dizaine d’années quand, peut-être pour la première fois j’ai compris qu’elle pouvait être la force de cet assemblage d’images et de sons que l’on appelle un film. Tout ça pour raconter une histoire. C’était un soir, et à la télé était diffusé Les Dents de la Mer (quel titre mes amis ! comment ne pas avoir envie de voir un film avec un titre pareil ?). Ce film a changé ma vie, ni plus ni moins. Plus jamais je ne suis allé sur une plage sans y penser. Même au bord d’un lac, j’y pense. Je le jure.

Quand j’y repense, à ce soir là (à une époque où les grandes chaînes de télévision françaises passaient des films, promis ça a existé), le soir donc où j’avais eu un rapport déterminant avec ce film. Comme un enfant de dix ans peut l’avoir : je savais que c’était du cinéma, que c’était « pour de faux », sauf que, à dix ans, le temps du film, j’y étais à Amity. J’y ai cru.

En m’intéressant au cinéma, j’ignorais que petit à petit, j’allais détruire cette relation pure que j’avais avec les films. Quand on a dix ans, on ignore le nom du réalisateur, le nom des acteurs qui apparait et qu’on retient à une aura presque sacrée. On ne connait pas les mouvements d’appareils comme un travelling compensé ou une contre plongée. On vit le film le temps de la projection. Les faux-raccords sont une notion inexistante, par exemple. Je ne savais pas qu’à ce moment-là, je voyais sans doute pour la dernière fois un film comme je voudrais pouvoir le voir à chaque fois. Avec les yeux d’un enfant de dix ans. J’avais vu Les Dents de la Mer, pas un super film de Steven Spielberg.

Je parlerai souvent, dans mes futures contributions, du cinéma américain des années 1970. Epoque où à mes yeux, les films étaient encore considérés comme des œuvres artistiques à part entière et qui a vu l’émergence d’auteurs qui se sont affranchis de la mainmise des studios comme c’était le cas dans les années 40 ou 50. La décennie 70 fut une formidable transition pour le cinéma. Non pas que désormais tout soit à jeter, certains cinéastes continuent à proposer des films. Mais la plupart de la production actuelle est surtout faite de produits cinématographiques, avant tout destiné à rapporter un maximum d’argent. Il fut jadis des producteurs qui acceptaient un projet en sachant qu’ils allaient y laisser leur chemise. Quand on leur demandait alors pourquoi ils avaient accepté de le financer ? Ils répondaient simplement : j’avais tellement envie de voir ce film. Quoi de plus beau ?

Je savais que j’allais être terrorisé par ce film montrant un grand requin blanc attaquer une petite station balnéaire de la côte est des USA. Ma mère m’avait bien mis en garde : ça fait peur ce film. Oui, j’étais terrifié tout du long. Mais voyez-vous, j’avais tellement envie de voir ce film.


Bande annonce de Jaws