vendredi 30 septembre 2011

Triste Huis-Clos Iranien

C'est une façon indirect d'évoquer le dernier numéro du Fanzine TRAVELLING-MAG ayant pour sujet le Huis-Clos, mais je viens de découvrir le texte d'une pétition de soutien aux cinéastes iraniens. L'Apollo passe régulièrement des films de ce pays. UNE SEPARATION est un grand succès des mois dernier... le film AU REVOIR passe ces jours-ci et bientôt sortira une sorte d'objet audiovisuel singulier de Jafar Panahi (un des prisonniers les plus emblématique) avec Ceci n'est pas un film

Voici ci-dessous le texte de la pétition :

Manifestons notre soutien aux cinéastes iraniens emprisonnés


Les dernières informations en provenance d’Iran sont très alarmantes, elles concernent la situation des cinq cinéastes iraniens emprisonnés depuis le 18 septembre. Rappelons leurs noms : Mojtaba MIRTAHMASB, Nasser SAFFARIAN, Hadi AFARIDEH, Mohsen SHAHRNAZDAR, Marzieh VAFAMEHR, tous réalisateurs, ainsi que Katayoun SHAHABI, productrice de films.

Les médias gouvernementaux, les délégués du Sénat de Téhéran, le ministre de l’Information, celui de la Police secrète, le ministre de la Culture, le directeur général du ministère de la Culture, trois réalisateurs islamiques proches du régime, douze associations d'étudiants islamiques, le site du gouvernement et les télévisions, ont accusé les 6 réalisateurs arrêtés en les traitant d'espions, annonçant que l'espionnage en Iran était passible de longues peines de prison. Les familles des réalisateurs emprisonnés ont appris qu'elles n'avaient pas le droit de rendre visite à leur proche.

Le gouvernement iranien a également arrêté le caméraman, Touraj ASLANI, alors qu’il se trouvait dans un avion en partance pour la Turquie.

La Maison du Cinéma en Iran avait lancé un appel pour la défense et la libération des cinéastes emprisonnés. Les médias gouvernementaux ont annoncé que la Maison du Cinéma en Iran n'aurait désormais plus de reconnaissance officielle, accusée d’être un parti politique en contact avec l'étranger.

Selon nos informations, le gouvernement iranien a l’intention de museler tous les organismes et artistes indépendants.

Le ministre de l'Information en Iran a demandé aux familles des réalisateurs de s’en tenir au silence, et de ne pas évoquer la situation des cinéastes emprisonnés.

Un grand nombre d'artistes iraniens, en France, en Europe, au Canada et aux Etats-Unis, viennent de créer le Comité de Soutien aux Cinéastes iraniens Emprisonnés.

Le Festival de Cannes, La Cinémathèque française, La SRF, La SACD, France Culture

UNE PURE FORMALITÉ

Le prochain et dernier numéro du fanzine TRAVELLING-MAG aura pour thème "Le Huis-Clos au cinéma". Voici un lien vers un des films évoqués : Une Pure Formalité. Ce film est en 9 parties... je vous laisse à la curiosité...


jeudi 29 septembre 2011

Une vidéo de Malick en plein tournage!

C'est assez rare pour être signalé : voici une vidéo de Terrence Malick en plein tournage durant un festival de musique. Le réalisateur a filmé Christian Bale pendant deux jours et notamment durant un concert d'Arcade Fire. On peut donc voir le cinéaste diriger Bale durant la prise de vue. Pour le moment le projet et le titre du film reste un mystère.

Voici la vidéo:


CB @aclfestival shooting Terrence Malick film par falcounderground

lundi 26 septembre 2011

Le testament de Pasolini

J'ai dans ma DVDthèque, quelques films particuliers, mon côté anticonformiste me fait acheter des films qui ont crée en leur temps la polémique. Parmi ceux-là, aujourd'hui je vais vous parler de SALO OU LES 120 JOURNEES DE SODOME. C'est vrai que déjà par le titre, ça fait un peu choc. Ensuite on s'aperçoit que le film est tiré du roman de Sade et qu'il est réalisé par Pier Paolo Pasolini.


Lorsque ce film sorti en France, le 22 novembre 1975, lors du 1er Festival International de Paris, Pasolini venait d'être assassiné quelques semaines auparavant à l'âge de 53 ans. Il avait été l'un des auteurs les plus importants en Italie, œuvrant dans la littérature (romans, poèmes, essais), dans le théâtre, le scénario (pour Fellini, Bertolucci,...) avant de se faire connaître dans le cinéma grâce à la réalisation avec L'Evangile selon Saint Mathieu, qui a été nommé trois fois aux Oscars en 1964.
C'est avec Théorème qu'il était devenu un artiste agitateur en 1968. Le personnage joué par l'excellent Terence Stamp corrompt, métamorphose et sanctifie toute une famille par la sexualité.


Revenons à Salo... où pour juger cette œuvre, il faut revenir sur l'une des déclarations de Pasolini pour vous décrire le personnage : « En ce qui concerne le sexe, je ne pense pas que les thèmes sexuels soient inférieurs ou supérieurs aux autres thèmes. Quand on va voir un film politique , on n'est pas étiqueté comme quelqu'un-qui-va-voir-des-films-politiques ; mais si on va voir un film érotique on dit : « Ah ! Il va voir un film érotique, il ne s'intéresse qu'au sexe. » On hiérarchise les intérêts : en tête les thèmes religieux, puis les thèmes politiques et, tout en bas, en dernier, le sexe. Une hiérarchie de ce genre c'est raciste et conformiste, d'où que vienne celui qui l'établit. » Pasolini, dans cette déclaration, nous résume le pourquoi du film.

Pour résumé, le texte des « 120 journées... » de Sade a été souvent respecté, mais dans ce film l'action se situe en 1944, dans la République de Salo. Les personnes au pouvoir sont quatre dignitaires fascistes. Des adolescents beaux et sains sont livrés au plaisir de ces hommes qui usent de toutes les possibilités sexuelles y compris la violence et l'humiliation, la torture raffinée et la mort dans la mutilation. Salo... ne pose pas l'acte sexuel comme une forme de libération (comme l'aurai voulu Sade), ici le corps devient un objet du pouvoir totalitaire. Henri Chapier écrivait à propos de Salo... : « En rendant l'acte sexuel obligatoire, en démocratisant l'érotisme jusqu'à l'extrême laideur, la société permissive en a fait une nouvelle prison. »


Salo... pose le problème de l'après-libération sexuelle. Pasolini, nous montre les dérives de la libération sexuelle de 1968. Sur ce sujet, il a été visionnaire, il pensait qu'après la liberté totale viendrait la rigidité totale. Le réalisateur réussi à créer un certain malaise quand on voit ce film, à tel point qu'on culpabilise de s'être laissé embarquer dans cette histoire.

Malgré ce qu'on a pu lire ou dire, ce film n'a jamais été interdit, mais il n'avait que pour salle exclusive « La Pagode », l'honneur des censeurs était sauf, car seuls des intellectuels privilégiés de la Rive Gauche purent se délecter de la dernière œuvre de Pasolini et le bon peuple du reste de la France ne serait ainsi pas contaminé...

Moi, je tiens à vous contaminer par l’œuvre testamentaire de Pasolini car je tiens à votre disposition ce film sur DVD. Avis aux amateurs... avertis.

L'immortel... il ne peut en rester aucun !

Un dimanche soir sur Mauvières c'est toujours un moment délicat sur le choix de film à voir.
Sur ce coup là on était partant sur "IronMan" pour revoir les fameux parallèles que j'avais noté sur Captain America (voir article en dessous).
Seulement la bonne blague, c'est qu'il m'a été impossible de retrouver le film. La vérité c'est que j'ai vendu le DVD pensant avoir le Blue-ray. Au final pas plus de DVD que de Blue-Ray!

Nous nous sommes donc rabattu sur "l'Immortel" un film que le parrain de ma chérie m'avait conseillé d'acheter. Très bon conseil!!!!!!!!!!!!!

Déjà j'adore les histoires vraies. Le scénario du film s'inspire du roman de Franz-Olivier Giesbert L'Immortel. Charly Mattei a tiré, depuis trois ans, un trait sur sa vie de hors la loi. Il mène une vie paisible avec sa femme et ses deux enfants. Pourtant un matin d'hiver il est laissé pour mort dans un parking souterrain de Marseille avec 22 balles dans le corps. Contre toute attente il survit à cette tuerie et de "Charly le fou" il devient "Charly l'immortel".
Son but ultime, se venger, sans éveiller les soupçons de ses proches et de la police , qu'il a reprit une vie de criminel.
Rien que ce petit résumé m'a mis l'eau à la bouche, le film n'a fait que confirmer mon enjouement précoce. Un casting digne de ce nom avec Jean Reno, (j'adore), Jean Pierre Daroussin, (j'adore), et Khad Merrad dans un surprenant rôle de mafieux bègue odieux.
Des moments d'actions surprenants, des décors magnifiques, des cadrages de plans à vous couper le souffle... bref, que des bons éléments pour passer une bonne soirée télé.

Dire que je suis content de ne pas avoir vu IronMan serait quand même un blasphème pour un fan de Marvel comme moi, mais j'aime ces surprises cinématographies non programmées.

A découvrir...

Ps: Jean Reno est le jumeau d'un fameux président que nous connaissons tous bien.


dimanche 25 septembre 2011

Captain, Captain....garde à vous !


Pour tester la nouvelle salle du cinéma du Blanc, neuve depuis peu et reliée au 3D (et oui au blanc il y a du 3D) j'ai emmené ma douce et tendre voir "Captain América, First Avenger". Pour profiter pleinement de cette nouvelle adaptation d'un super héros Marvel, j'ai choisi la version normale à celle de la 3D ( voir les raisons dans l'article de Quatermass cité plus bas). Après avoir pleinement senti le neuf de la salle, apprécier le confort des nouveaux des sièges et l'acoustique du nouveau son, me voilà plongé dans l'univers de Captain América.
Du personnage par lui même je ne savais que peu de chose à l'exception de sa tenue "très couleur drapeau américain". Première surprise dans le générique: " la présence de Tommy Lee Jones". J'adore cet acteur. Deuxième surprise la période traitée "la seconde guerre mondiale", mes films de guerre favoris traitent en majeur partie de cette période ( Un pont trop loin, les canons de navarone, les douze salopards, la grande évasion etc..)


Au fil du déroulement de l'histoire, mes dernières craintes de voir un navet se sont évanouies grâce à un élément qui au premier abord semble insignifiant : " Howard Stark". En quelques secondes j'ai réalisé que c'était le père de Tony Stark (IronMan). Avec un tel parallèle, me voici embarqué dans l'univers de Captain América. Un parallèle qui va perdurer jusqu'à la fin du film...mais je vous le laisse découvrir.
Petit anecdote: le bouclier de Captain América est présent dans IronMan 2 ...plutôt ingénieux comme élément ....
Sortie de la salle , j'en avais pleins les mirettes avec un sentiment de joie d'avoir vu un bon film.
Encore une adaptation réussite. L'achat en Blue Ray devrait devenir une évidence.
Amis du cinéma, allez le voir!



lundi 19 septembre 2011

De l’utilisation du travelling chez Martin Scorsese (Les Nerfs à Vif / CAPE FEAR – 1991)


Hier soir tard, au gré d’un zapping peu convaincu à la recherche d’un programme devant lequel commater une demi- heure avant d’aller rejoindre un sommeil bien mérité, je tombe, par hasard, sur Les Nerfs à vif signé Martin Scorsese. J’oublie aussitôt le prétendu coma pour m’intéresser à la mise en scène de l’exposition du film. Mon épouse dormant dans la pièce à côté, je baisse le son pour ne laisser qu’un mince filet de voix à peine audible. Du coup, je m’attache beaucoup plus à l’observation des choix de montage et de mouvements d’appareils que fait le cinéaste.

Je n’ai pas longtemps à attendre pour voir l’un des fameux travellings avant punchy de Scorsese. J’avais déjà remarqué cela dans ses autres films, notamment dans Alice n’est plus ici et After hours. Dans ce dernier, les travellings avant rapides dirigés vers le personnage principal servaient à démontrer par l’image dans quel tourbillon allait être emporté le protagoniste, la caméra le « chopait » au passage. Comme si, grâce à la caméra, Scorsese parvenait à rendre concret le vent abstrait (soit la frénésie du scénario) qui emporte héros et spectateur pour ne le laisser tranquille et épuisé qu’à la fin du métrage. Alors que dans Alice… le même mouvement d’appareil illustrait quant à lui la force de caractère du personnage d’Ellen Burnstyn, les travelings-punchs venant ponctuer une réplique ou une mimique d’agacement.

Dans Les Nerfs à vif, le plan-signature de Scorsese envahit tout le métrage, et ce, dès le début, venant incarner littéralement la brutalité du personnage de Robert de Niro. Celui-ci est filmé (presque que) de dos durant la séquence où il sort de la prison puis de face une fois qu’il est sorti, qu’il a passé les grilles, libre. Et là, c’est De Niro lui-même, en se dirigeant vers la caméra rapidement, qui annonce les travellings-punch qui vont suivre. Toute la mise en scène est basée sur l’angoisse et la brutalité à partir de là. Le montage sera parfois elliptique via des zooms ou, encore, une fois, des travellings-avant hypers rapides dirigés vers les personnages, comme des coups de poings, des directs au visage comme si Max Cady (De Niro) pouvait imprégner de sa violence jusqu’à la réalisation même du film.

Scorsese n’hésite pas à se servir de la caméra pour illustrer, appuyer, un contexte, une atmosphère sans que cela ne soit jamais redondant par rapport à l’image. La brièveté des plans concernés, leur impact étant presque subliminal pour le spectateur. Au même titre que la musique qui illustre l’action sans paraphraser l’image. On pourrait presque dire que Scorsese fait des images sous forme de musique qui se voit. C’est en cela qu’on pourrait presque parler de compositeur de film plus que de réalisateur.

Bande annonce des Nerfs à vif où vous verrez quelques exemples des fameux travellings.


vendredi 16 septembre 2011

De l'Eau au Livre d'Eli...

Il y a quelques années je réalisais un court métrage parlant de notre bien le plus précieux l’eau et que ce bien devait être préservé bien plus que n’est l’or ou les pierres précieuses.
De là, ma demi surprise quand est sorti le film des frères Hughes (From Hell) en début d’année 2010 : Le Livre d’Eli. Ce film d’anticipation, nous montre l’état de désolation ou se trouve l’Amérique après une guerre violente, qui n’a engendrée que ruines et criminalité.




Avec la fin de la civilisation telle que nous la connaissons, on se retrouve plongé dans une vision du monde post-apocalypse au travers des yeux d’Eli (Denzel Washington) qui parcoure des routes dangereuses où les actes de pirateries sont nombreux. Eli est un voyageur qui cherche à survivre, où chaque geste simple de notre quotidien est montré dans ces moindres détails afin de nous faire comprendre que pour Eli, il est difficile de trouver de la nourriture, de l’eau et recharger son Ipod. Il est vrai que Gary Whitta (le scénariste), avait poussé le bouchon assez loin en faisant un stage de survie pour alimenter son script.

Je m’interroge en revoyant ce film, est-ce possible qu’on arrive un jour à cette extrémité ? L’humanité est-elle assez bête pour se faire imploser ?

En regardant de plus près la situation actuelle : la crise financière, les déficits abyssaux de nos gouvernements, la quasi faillite de la Grèce et la sympathie en hausse pour les identités nationales, me font penser que dans un futur proche une guerre pourrait arrivée.
C’est pour cela regardez ce film ou revoyez le, c’est à vous glacer le dos. Le futur ressemblera plus au scénario de ce film qu’à la probabilité de moins en moins grande que l’on aille un jour sur Mars.

jeudi 15 septembre 2011

La 3D et moi

Aujourd'hui un film ne peut plus sortir (ou difficilement) s'il n'est pas en 3D, et surtout il faut que la mention soit écrite en gros l'affiche. J'exagère un peu mais quand j'écoute certains ou que je parcours des forums sur le web, j'ai parfois l'impression que le procédé 3D est devenu pour certains spectateurs un critère de qualité. Un comble.

Je n'ai vu que très récemment un film en 3D. Peu importe lequel, le plus important pour moi c'est que je n'ai pas du tout aimé l'expérience. Je suis très attaché à la notion de cadre. Pour moi une belle image c'est avant tout un choix de cadrage. John Carpenter disais qu'il ne couvrait presque jamais d'autres angles de prises de vue que celui qu'il avait déterminé avant de filmer la scène. Et bien justement, le procédé 3D dans sa volonté d'immersion, a eu tendance avec moi à perturber ma perception du cadre. J'avais du mal a voir les contours de l'image, ses limites. Parce que un cadre, c'est d'abord un choix, et qui dit cadre, dit limites de celui-ci. C'est un choix déterminé et pensé, conscient. De la même manière qu'un réalisateur déterminera le format de son image : 1.85, 2.40, 1.33, etc... Et bien je suis incapable de vous dire quel était le format du film que j'ai vu. Sans doute cinémascope. Mais je ne l'ai pas perçu, pas ressenti.
La 3D devait m'absorber, elle m'a paradoxalement tenu à l'écart.

De la même façon il est très perturbant de se retrouver dans une projection 3D, le procédé technique lui-même prenant le pas sur l'histoire qui se déroule devant nos yeux. Plutôt que de me concentrer sur ce qui se passait à l'écran,j'étais en train de me dire : tiens, là c'est un effet de profondeur, là, une projection.

La 3D devait me faire entrer dans le film, en réalité elle m'en faisait régulièrement sortir. Et j'étais malheureux de ne plus pourvoir apprécier un beau cadre, à plat. Je me réjouis que certains cinéastes refusent la 3D, comme par exemple Christopher Nolan. J'étais beaucoup plus immergé dans l'image lors des séquences imax de The Dark Knight que lors des scènes 3D de Captain America.

Après que la 3D soit réservée à certains films à grands spectacles ou riches en émotions fortes types films d'horreur, pourquoi pas. Mais cela restera pour moi un gadget.

Je pense que la 3D, pour un amateur de cinoche, risque de coûter les yeux de la tête.

mardi 13 septembre 2011

Elle fut la première (Les dents de la mer / JAWS, Steven Spielberg – 1975)

Pourquoi j’aime le cinéma ? Je ne sais pas. J’aime les films. J’aime en voir, j’aime en discuter. J’aime attendre un film, j’aime me souvenir d’un film. Je devais avoir une dizaine d’années quand, peut-être pour la première fois j’ai compris qu’elle pouvait être la force de cet assemblage d’images et de sons que l’on appelle un film. Tout ça pour raconter une histoire. C’était un soir, et à la télé était diffusé Les Dents de la Mer (quel titre mes amis ! comment ne pas avoir envie de voir un film avec un titre pareil ?). Ce film a changé ma vie, ni plus ni moins. Plus jamais je ne suis allé sur une plage sans y penser. Même au bord d’un lac, j’y pense. Je le jure.

Quand j’y repense, à ce soir là (à une époque où les grandes chaînes de télévision françaises passaient des films, promis ça a existé), le soir donc où j’avais eu un rapport déterminant avec ce film. Comme un enfant de dix ans peut l’avoir : je savais que c’était du cinéma, que c’était « pour de faux », sauf que, à dix ans, le temps du film, j’y étais à Amity. J’y ai cru.

En m’intéressant au cinéma, j’ignorais que petit à petit, j’allais détruire cette relation pure que j’avais avec les films. Quand on a dix ans, on ignore le nom du réalisateur, le nom des acteurs qui apparait et qu’on retient à une aura presque sacrée. On ne connait pas les mouvements d’appareils comme un travelling compensé ou une contre plongée. On vit le film le temps de la projection. Les faux-raccords sont une notion inexistante, par exemple. Je ne savais pas qu’à ce moment-là, je voyais sans doute pour la dernière fois un film comme je voudrais pouvoir le voir à chaque fois. Avec les yeux d’un enfant de dix ans. J’avais vu Les Dents de la Mer, pas un super film de Steven Spielberg.

Je parlerai souvent, dans mes futures contributions, du cinéma américain des années 1970. Epoque où à mes yeux, les films étaient encore considérés comme des œuvres artistiques à part entière et qui a vu l’émergence d’auteurs qui se sont affranchis de la mainmise des studios comme c’était le cas dans les années 40 ou 50. La décennie 70 fut une formidable transition pour le cinéma. Non pas que désormais tout soit à jeter, certains cinéastes continuent à proposer des films. Mais la plupart de la production actuelle est surtout faite de produits cinématographiques, avant tout destiné à rapporter un maximum d’argent. Il fut jadis des producteurs qui acceptaient un projet en sachant qu’ils allaient y laisser leur chemise. Quand on leur demandait alors pourquoi ils avaient accepté de le financer ? Ils répondaient simplement : j’avais tellement envie de voir ce film. Quoi de plus beau ?

Je savais que j’allais être terrorisé par ce film montrant un grand requin blanc attaquer une petite station balnéaire de la côte est des USA. Ma mère m’avait bien mis en garde : ça fait peur ce film. Oui, j’étais terrifié tout du long. Mais voyez-vous, j’avais tellement envie de voir ce film.


Bande annonce de Jaws


dimanche 11 septembre 2011

Bienvenue

Ouverture officiel du blog de Travelling.