J'ai dans ma DVDthèque, quelques films particuliers, mon côté anticonformiste me fait acheter des films qui ont crée en leur temps la polémique. Parmi ceux-là, aujourd'hui je vais vous parler de SALO OU LES 120 JOURNEES DE SODOME. C'est vrai que déjà par le titre, ça fait un peu choc. Ensuite on s'aperçoit que le film est tiré du roman de Sade et qu'il est réalisé par Pier Paolo Pasolini.
Lorsque ce film sorti en France, le 22 novembre 1975, lors du 1er Festival International de Paris, Pasolini venait d'être assassiné quelques semaines auparavant à l'âge de 53 ans. Il avait été l'un des auteurs les plus importants en Italie, œuvrant dans la littérature (romans, poèmes, essais), dans le théâtre, le scénario (pour Fellini, Bertolucci,...) avant de se faire connaître dans le cinéma grâce à la réalisation avec L'Evangile selon Saint Mathieu, qui a été nommé trois fois aux Oscars en 1964.
C'est avec Théorème qu'il était devenu un artiste agitateur en 1968. Le personnage joué par l'excellent Terence Stamp corrompt, métamorphose et sanctifie toute une famille par la sexualité.
Revenons à Salo... où pour juger cette œuvre, il faut revenir sur l'une des déclarations de Pasolini pour vous décrire le personnage : « En ce qui concerne le sexe, je ne pense pas que les thèmes sexuels soient inférieurs ou supérieurs aux autres thèmes. Quand on va voir un film politique , on n'est pas étiqueté comme quelqu'un-qui-va-voir-des-films-politiques ; mais si on va voir un film érotique on dit : « Ah ! Il va voir un film érotique, il ne s'intéresse qu'au sexe. » On hiérarchise les intérêts : en tête les thèmes religieux, puis les thèmes politiques et, tout en bas, en dernier, le sexe. Une hiérarchie de ce genre c'est raciste et conformiste, d'où que vienne celui qui l'établit. » Pasolini, dans cette déclaration, nous résume le pourquoi du film.
Pour résumé, le texte des « 120 journées... » de Sade a été souvent respecté, mais dans ce film l'action se situe en 1944, dans la République de Salo. Les personnes au pouvoir sont quatre dignitaires fascistes. Des adolescents beaux et sains sont livrés au plaisir de ces hommes qui usent de toutes les possibilités sexuelles y compris la violence et l'humiliation, la torture raffinée et la mort dans la mutilation. Salo... ne pose pas l'acte sexuel comme une forme de libération (comme l'aurai voulu Sade), ici le corps devient un objet du pouvoir totalitaire. Henri Chapier écrivait à propos de Salo... : « En rendant l'acte sexuel obligatoire, en démocratisant l'érotisme jusqu'à l'extrême laideur, la société permissive en a fait une nouvelle prison. »
Salo... pose le problème de l'après-libération sexuelle. Pasolini, nous montre les dérives de la libération sexuelle de 1968. Sur ce sujet, il a été visionnaire, il pensait qu'après la liberté totale viendrait la rigidité totale. Le réalisateur réussi à créer un certain malaise quand on voit ce film, à tel point qu'on culpabilise de s'être laissé embarquer dans cette histoire.
Malgré ce qu'on a pu lire ou dire, ce film n'a jamais été interdit, mais il n'avait que pour salle exclusive « La Pagode », l'honneur des censeurs était sauf, car seuls des intellectuels privilégiés de la Rive Gauche purent se délecter de la dernière œuvre de Pasolini et le bon peuple du reste de la France ne serait ainsi pas contaminé...
Moi, je tiens à vous contaminer par l’œuvre testamentaire de Pasolini car je tiens à votre disposition ce film sur DVD. Avis aux amateurs... avertis.



Je suis toujours admiratif de la volonté et la force de caractère qu'il faut à un homme pour faire aboutir une oeuvre pareille: il faut réussir à convaincre les acteurs tout de même, rien que pour cela, chapeau bas !
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